Avant la Course :
Me voilà fin prêt, après 6 semaines d'entraînement, en suivant stipuleusement un plan trouvé sur un magazine et une moyenne de 100 km par mois, je me sens d’attaque pour le
semi-marathon de Lausanne. Et puis il y a 3 semaines j’ai fait un peu plus de 15 km, le semi-marathon devrait pouvoir se faire sans trop de problème.
Je laisse ma petite famille à Ferney-Voltaire, les filles me rejoindront sur la ligne d’arrivée à Lausanne et je pars donc pour la capitale Olympique.
Je récupère mon dossard chez un collègue et je me précipite vers la gare de Lausanne pour prendre le train jusqu'à Vevey. Je rencontre une poignée d’Anglais qui se remettent
difficilement de la défaite de la veille, lors de la finale de la coupe de monde de Rugby. Et nous voilà dans le train avec plein de coureurs de tous âges et toutes nationalités pour faire ma
première course officielle.
L’arrivée est impressionnante et l’organisation est Tip-Top (comme disent les Suisses): des vestiaires pour se changer, des stands pour manger et boire avant le départ. Il nous
est même proposer une séance de fitness avant le départ pour se réchauffer. C’est vrai que le temps est frais mais pas trop froid.
Je vais me changer dans un vestiaire avec pleins d’autres coureurs, je me trouve une petite place et voilà c’est parti … je ne peux plus reculer pour cette première grande
course.
Une petite hésitation : Short ou collant pour ne pas avoir trop froid ? J’hésite un peu, ce matin il faisait froid et le temps semble se réchauffer. Le short est plus
pratique avec plus de poches, je choisis le short … là je venais de faire une GRAVE erreur pour la suite.
Je vais sur la ligne de départ, et je fais quelques accélérations pour se mettre en forme, un petit pipi avant le départ on ne sait jamais, je n’ai jamais fait de course comme
cela, il faut tout prévoir.
Sur la ligne de départ je rencontre un ancien collègue qui a déjà fait le semi il y a deux ans. Il pense le faire en 1h45, c’est un temps irréalisable pour moi. Pour l’instant si
je fais 2h10, ça sera bien, mais surtout le plus important c’est de voir la ligne d’arrivée, c’est mon unique objectif pour le moment.
La dernière des marathoniennes arrive à Vevey, elle est acclamée par tous les coureurs, voilà plus de 3 heures qu’elle court depuis Lausanne, il lui faudra encore plus de courage
pour finir les 21 dernier km. Quel courage !
Voilà le compte à rebours est lancé, plus que 1 min … 30 sec … 10 … 5 c’est parti, me voici lancer sur la Route du Lac pour le semi-marathon de Lausanne 2007.
La course :
Première surprise, on fait une boucle dans la petite ville de la Tour-de-Peilz de 1,5 km avant de partir sur la Route du lac. Beaucoup de gens sur la route nous encouragent, de la
musique avec des chanteurs sur le chemin c’est vraiment sympa.
Je me fais dépasser par beaucoup de monde, je ne suis pas très rapide je le sais. Je regarde mon cardio, je suis un peu rapide, il faut se freiner la course sera longue (et dure,
mais ça je vais vite m’en apercevoir). J’essaie de rester dans la zone 85% de ma FCM, je n’y arrive pas, je suis déjà à 87%, il faut se modérer.
Km 4 : Ca grimpe un peu ...
Sortie de Vevey, une petite cote … j’ai souvent fait cette route en voiture, cela me dit rien. Le semi longe le lac, le lac étant plat il ne devrait pas y avoir trop de surprise
comme cela. La suite se passe sans problème pour le moment.
Km 5 – 6 : RAS tout va bien
On longe les vignes c’est sympa, je regarde le cardio, toujours un peu trop haut, mais bon je me sens bien … tout va-bien ! Bizarre pas de ravitaillement, il me semblait que
c’était tous les 5 km. Je commence a avoir un peu soif.
Km 7 : Le calme avant la tempête
Ca y est le premier ravitaillement, je m’arrête un peu je bois un ou deux verres et je repars.
Je connais bien cette route et dans un ou deux kilomètres on sera à Rivaz, j’y ai souvent plongé avec mon pote Julian. Tiens sensation étrange … on dirait comme des crampes
dans mes 2 mollets, bizarre, je cours depuis un moment je n’ai jamais eu de crampes … c’est rien ça va passer !
Km 8 : Red Alert - Houston I've got a problem – Emergency Exit ?
Mince les crampes se confirment, les 2 crampes aux mollets. Je ne comprends pas, cela ne m’est jamais arrivé auparavant. Que faire, arrêter ? Ca, hors de question, pas
encore, la douleur est là, mais elle est supportable. On va voir les prochains kilomètres.
Km 9 : Il faut tout essayer
Incroyable comment ça fait mal ! Les deux mollets à la limite de la crampe. Tant pis si je m’arrête, il faut un peu que je m’étire les mollets pour soulager les muscles. Aie
non c’est pire, des crampes aussi dans les pieds. Les doigts de pieds se tordent dans les chaussures.
Tout le bas des jambes, le choix se restreint entre les crampes des mollets ou les crampes des pieds … je choisis la course et les mollets, mais c’est toujours
supportable.
Km 10-11 : Le test
Je continue dans la douleur. Des mômes me tendent les mains pour que je claque la mienne. C’est bon enfant, même si ça me coûte un peu en mollet et crampe, je ne manque pas de
claquer ma main dans celle des enfants.
Mais pour le moment, je tiens tout va pas trop mal, la vitesse est bien descendue, à peine 9 Km/h. Mais je viens d’exploser mes deux moteurs d’appoint au km 8, le reste c’est que
du bonus, je ne sais pas si je verrai la fin. Le reste de la course se fera dans la tête.
Km 13 : Le renouveau
Tout ne va pas trop mal, ma vitesse à pas mal baissé à cause des crampes, mais je me sens en pleine forme. J’ai toujours ces maudites crampes, mais voilà 5km que je cours avec, je
dirai que c’est gérable. Je me dis que la première moitié est faite et je commence à accélérer un peu. Je commence doubler des coureurs … ça me motive encore plus, mais si je n’avais pas ces
maudites crampes ça serait le bonheur.
Mais dès que je monte sur un trottoir, les crampes s’intensifient et là sort de ma bouche un râle de douleur et je me dis dans ma tête : Non pas les trottoirs, reste sur la
route.
Km 15-18 : Toujours la pleine forme et deux mollets en feu
Je continue une petite remontée je me sens vraiment très bien, les crampes sont toujours là, mais la douleur ne c’est pas amplifié … mais pas de trottoir surtout pas de
trottoir.
Km 19 : Ca commence à faire long
La fatigue commence à se faire sentir, je préviens ma petite femme que je ne vais pas tarder à arriver. J’avais préparé un sms « km 19 still alive », mais je ne pensais
pas que ça allait être si dur, pas la fatigue mais les crampes.
Km 20 : C’est où l’arrivée
Au ravitaillement j’essaie de manger des fruits secs, mais la je n’ai vraiment pas faim, juste envie d’arriver. Je vais bientôt arriver a Pully, j’y ai habité plusieurs mois, le
dernier virage est en vue … ensuite plus que quelques centaines de mètres et la délivrance.
L’arrivée : Enfin
Ca y est le dernier virage est passé, je connais bien les lieux. Je vois la ligne … c’est gagné… enfin pas tout à fait … il faut finir les 500 m qu’il me reste.
Je passe les 3 arches, je vois le temps 2 H 21 le temps pas extra … mais j’ai vu la ligne en ayant perdu 2 mollets, il y a 13 km une, je suis content de moi quand
même.
Je passe enfin cette ligne … je m’arrête enfin … et à ce moment là, 1m après la ligne d’arrivée je m’immobilise.
Voilà 13 km que mes mollets attendent ce moment là. La tête à donner l’ordre de tout arrêter et les mollets se soulagent … et deviennent durs comme de la pierre. Me voici
transformer en statue impossible de bouger.
Un des organisateurs m’attrape de peur que je tombe, il me dit :
reposez vous asseyez-vous !
Je lui réponds que la seule chose qui ne peut pas m’arriver c’est de tomber.
Impossible ... impossible de m’asseoir, mes jambes sont dures comme de l’acier. Et ce brave organisateur me laisse repartir en boitant, je boite, je fais des grimaces pour marcher
je pas trop fatigué quand même, j'aurai penser pire mais je suis arrivé ````
Je récupère enfin la médaille du Semi Marathon de Lausanne 2007, je l’ai bien méritée celle-là.
Je vais récupérer mes filles qui m’attendaient un peu plus loin. J’explique mon calvaire pendant la course, ma femme et des amies déjeunaient tranquillement au restaurant pendant
ce temps et commençaient un peu à s'inquiéter de mon retard. Ma femme me dit que mes mollets sont difformes et asymétriques …
En tous les cas bravo aux organisateurs de la course et à tous les spectateurs ... je reviendrai ... sans les crampes.